Revenir en arrière

Renault Clio VI hybride, le changement dans la continuité

Par CVDB | le 23/07/26

Sixième, c’est déjà la sixième génération de Clio, en trente six ans, et le moins que l’on puisse dire est qu’elle est toujours aussi pimpante, surtout dans cette pétillante livrée « vert absolu » ! Et puis contrairement à la génération précédente, ce changement se voit. Plus qu’un changement, nous en sommes même quasiment à une révolution esthétique, rien que ça ! Mais au delà de l’aspect visuel, c’est dans une grande continuité technique que cette sixième génération arrive, après tout la version précédente faisait déjà preuve d’une efficacité remarquable, inutile donc de repartir de zéro. Pour vérifier si Renault a réussit a trouver la bonne formule, rien de tel qu’un road-trip au volant de la version de pointe hybride 160cv. 1 700km donc, rien de moins, avec de la voie rapide pour moitié, le reste se répartissant à parts égales entre route et ville.

Nous vous le disions, à l’inverse de la génération précédente, celle-ci change radicalement de style. Enfin pas si radicalement puisqu’on la reconnait malgré tout assez facilement, mais le changement se veut vraiment marqué, avec un petit coté Mitsubishi voir Nissan pour rester dans le groupe, mais finalement assez réussi de l’avis unanime des membres de notre rédaction. Un peu moins de finesse, beaucoup plus d’agressivité, et des détails remarquable, voila comment nous pourrions décrire ce nouveau style.

A commencer par le nez proéminent, dont la grille de calandre semble vouloir aspirer la route, tant il dépasse des phares, bien cachés sous des paupières marquées finissant en pointe, le tout surplombant des feux de jours en forme de doubles boomerangs verticaux à la signature lumineuse singulière. Aucun doute, on la repère vite dans le rétroviseur.

La partie arrière n’est pas en reste avec sa petite lunette, son grand hayon formant un large bandeau métallique, et ses feux en deux parties, dont une est intégrée tandis que l’autre se voit prolongée un peu comme à l’avant, pour dépasser allègrement dans une nervure de l’aile. Les designers n’ont pas fait semblant de s’en occuper !

 

Le profil serait presque sage, si ce n’est la forme des vitres s’étirant vers l’arrière, pendant qu’une  nervure basse remonte légèrement pour creuser les flancs.

Un mot sur notre couleur vert absolu. Pas certain que cela ait été notre choix si nous avions fait la configuration, mais force est de reconnaitre qu’avec ses reflets et sa teinte changeant en fonction de l’intensité lumineuse, c’est un choix parfaitement défendable, bien plus joli en vrai qu’en photo. 

Cela nous amène néanmoins à une réflexion sur le design des futures productions au losange. En effet, si cela est la première pierre du nouveau langage esthétique de la marque au losange, nous avons hâte de voir ses développement sur des modèles plus volumineux, et comment cela va s’articuler en parallèle d’une gamme teintée de nostalgie, telles les 4L, R5 et autre Twingo !

 

A l’intérieur, le dépaysement est un peu moins notable. L’écran grandit et rejoint dans son prolongement la dalle instrument faisant face au conducteur, les angles se font un peu plus tranchant, et les commandes de climatisation restent directs. Seul défaut de ces dernières, il est difficile de savoir si le compresseur de clim est engagé ou non. La lisibilité étant par ailleurs très bonne, y compris pour la vue déclinante de notre redac’chef, la couleur d’affichage dépendra du mode de conduite, allant du rouge au vert. Ces écrans sont suffisamment réactifs, et l’ergonomie, une fois le pli prit, ne pose pas de problème particulier.

Le volant et ses deux méplats offre une prise en main parfaite grâce également à des matériaux de qualité, auxquels nous pourrons ajouter les tissus chinés ainsi que les inserts « aluminiumisé » de la planche de bord. Dans tous les cas c’est agréablement dessiné, agréable au touché, et pour tout dire agréable à vivre, d’autant que les ajustements sont, eux aussi parfaitement cohérents. 

L’espace à bord semble évoluer assez peu par rapport à la génération précédente, restant donc très bonne avec un coffre toujours aussi logeable, peut être même légèrement plus, cependant nous regrettons l’absence de certains détails pratique, tel le crochet permettant de pendre une veste à l’arrière. Dans le même état d’esprit, ,nous regrettons l’emplacement de la poigné du coffre pas idéalement placée, ce qui fait que l’on attrape le bord du coffre, pas toujours propre, plutôt que cette poignée, un peu ennuyeux. Rien de dramatique, d’autant que de nombreuses autres petites attentions viennent agrémenter l’utilisation de cette Clio, des petits riens bien pratique, au rang desquels nous rangerons le cache magnétique qui vient par-dessus les portes gobelet, permettant de s’en servir alors en vide poche abrité de la vue des passants.

 

La position de conduite nous est apparu particulièrement bonne, avec un siège très agréable malgré sa largeur conséquente sans que ça ne pose de problème de phénomène de glissade, et surtout une position parfaite des appuis tètes ce qui est rare et reposant ! La visibilité nous posait question, notamment avec la vraiment petite lunette arrière, mais il n’en fut rien à l’usage, la retro vision restant suffisante en roulage, tandis que la camera compense parfaitement en manœuvre.

Le système audio se montre très correcte sans être exceptionnel, l’égaliseur à 3 bandes limitant les possibilités de réglage. Si l’on pinaille, et nous sommes là pour ça, les basses manquent un peu de tenu à bas niveau, et de percussion quand on monte le volume… bref, cela manque légèrement de contrôle, mais reste écoutable si l’on ne se pose pas trop de questions. Nous avons aussi remarqué quelques bugs en réception radio, plutôt bonne, mais obligeant parfois à passer sur la station suivante puis revenir pour retrouver le son de sa station préférée. Quelques bugs également dans le guidage en passant par Android auto, avec des informations (heure d’arrivée par exemple) qui disparaissent après un appel entrant, une mise à jour ayant peut être déjà réglée le problème au moment d’écrire ces lignes. 

 

Cette nouvelle Clio inaugure la déclinaison 160cv hybride qui n’existait auparavant qu’en 145cv. Autant dire que nous attendions de jauger les différences entre ces deux version avec impatience, tant la précédente se montrait déjà particulièrement efficiente. Le résultat est simple a appréhender, cette 160cv fonctionne comme la 145cv mais avec plus d’aisance. Logique direz-vous, mais si la logique est parfois dépassée, ce n’est pas le cas ici. Cette 160cv offre donc plus d’aisance, moins de « moulinage » de transmission (inchangée elle aussi), plus de fonctionnement électrique, donc plus de confort auditif, et moins de consommation. 0.3l de moins précisément, pour une moyenne de 4.5l/100km sur notre essai. Pas mal pour un véhicule proposant de le même temps plus de performance et de confort. Le fonctionnement global se veut identique à l’ancienne génération, avec les démarrage/coupures moteur qui ne se manifestent que par de légères vibrations, auxquelles on ne fait très vite plus attention. Il en résulte une belle polyvalence entre déplacements urbains, péri-urbain et même voies rapides, avalées sans problème. Si l’ancienne n’était déjà pas loin d’être une référence, celle-ci enfonce gaiement le clou !

 

Un bonheur n’arrivant jamais seul, elle fait aussi montre d’une belle isolation moteur, mettant en exergue des bruits aérodynamiques pourtant décemment filtrés.

Reste le Maniement du levier de vitesse, qui passe d’entre les deux sièges, pour migrer au dessus du volant à droite, façon Mercedes. Le soucis et qu’il y déjà beaucoup de choses à droite (commodo d’essui glace, commande audio), alors qu’il n’y a pas grand-chose à gauche, et avec le positionnement du levier de vitesse très haut, on se retrouve parfois à mettre un coup d’essui glace… au lieu de la marche arrière ! Il y avait finalement peut être mieux à faire en terme d’ergonomie pour décaler les commande audio à gauche par exemple, même si ce n’est pas dramatique et que l’on s’habitue à tout. De plus il faut bien prendre le temps lorsque l’on veut passer de marche avant à marche arrière et vice versa, la commande ne prenant pas toujours l’information si l’on cherche a aller trop vite en manœuvre. Habitude, attention et décomposition des mouvements seront donc les maitres-mots. Cette commande de boite permet également d’actionner un « mode B » offrant plus de régénération électrique au levé de pieds, disons un tout petit peu plus de régénération tant ce mode reste relativement discret. 

 

Si la mécanique change finalement assez peu, peaufinant un tableau déjà réussi, le châssis choisit… sans surprise la même direction. Peaufinage c’est le mot. Légèrement plus ferme que la génération précédentes sur les petites cassures, sans vous casser le dos pour autant, il offre une tenue de caisse encore supérieure, ce qui nous préserve toujours un compromis confort/dynamisme au top de la catégorie, et même de la catégorie au-dessus.

Les aides à la conduite sont présentes, correcteur de tractoire, régulateur de vitesse adaptatif, lecture des panneau (efficace !), mais pas trop intrusives, à l’exception de la surveillance du conducteur. Il suffit en effet de tourner franchement la tête façon motard à l’approche d’une intersection ou dans un virage serré, pour se faire sanctionner d’un « bip » réprobateur. Tant que ce n’est que ça, on peut vivre avec. 

Au rayon manœuvre, nous apprécions le rayon de braquage assez court, les origines citadines de notre Clio, même si elle s’en est largement émancipée, ne mentent pas.

 

La même en mieux. Telle pourrait être la devise de cette nouvelle génération, et c’était prévisible, tant la Clio 5 était une auto réussie. Châssis aux petits oignons, mécanique 160cv attendue et convaincante, absence de fausses notes en habitabilité et qualité de fabrication, c’est donc, à l’inverse de la génération précédente au chapitre design qu’elle fait peau neuve. L’esthétique étant une affaire personnelle, chacun se fera son idée, mais nous ne saurions trop vous inciter à la juger en vrai plutôt qu’en photo. Une certitude néanmoins, ce n’est pas avec cette sixième génération que la saga Clio va décliner, bien au contraire ! 

Version essayée : Renault Clio techno full hybrid E-Tech 160 ch au tarif indicatif de 27 600€ ttc.