DrivEmotion
Par VDB | le 16/10/26
Le vintage est à la mode, et après avoir fait revivre les R4 et R5, c’est aux années 90 que Renault s’attaque avec la Twingo. Oubliez les deuxième et troisième générations, la recette entend être la même que pour la première génération, bouille craquante, couleurs vives, rapport encombrement/habitabilité imparable, mais avec une énorme mise à jour technique, puisque le bon vieux Cleon fonte fait place à l’électrification de masse, au gout du jour. Le prix se veut aussi contenu, afin de respecter le dogme original. Alors, évolution naturelle ou plagiat dénaturé ce revival de l’icone Twingo ? Suivez nous pour un essai d’une semaine afin de le découvrir.

Pour les nostalgiques des années 90 en général, et de la Twingo en particulier, un seul coup d’œil à cette quatrième génération devrait suffire au coup de cœur, tant tout y est. Bien sûr les dimensions sont largement supérieures aujourd’hui, avec 36cm de plus en longueur, 9cm en largeur, et 7cm en hauteur, des mensurations supérieures à la Clio 1, et proche de la Clio 2, c’est le sens de l’histoire, puisque cette même Clio dépasse désormais allègrement les quatre mètres de long. Aucun doute la Twingo se reconnait au premier regard. Oubliées les deuxième et troisième générations, celle que nous avons en face de nous est celle que nous attendions, sans vraiment oser l’espérer ! En effet, lors de sa présentation au Mondial 2024, nous ne pouvions croire que Renault aurait l’audace de la commercialiser telle quelle, mais c’est pourtant le parti pris de la marque au losange pour notre plus grand plaisir. Profil et œillade de batracien, mais en rouge, phares et feux reprenant le style originel, mais en très largement modernisé, et infiniment plus efficace, format monocorps pour l’habitabilité, antenne aileron de requin et grosses jantes de 18’’ pour le style, rien ne manque, et les têtes se retournent immanquablement sur son passage. Coup de cœur on vous dit !
Les détails remarquables sont nombreux, et la seule différence notable nous vient d’une paire de « bumper » sur les parechocs avant et arrière, qui ont l’air de marquer assez vite, mais doivent pouvoir se changer plus facilement et économiquement que l’élément entier pour un usage urbain intensif.

Avec un design à ce point évocateur, nous n’avons bien entendu qu’une envie, nous engouffrer à l’intérieur afin de vérifier si les basics en terme d’habitabilités sont respectés, et si la finition a progressée… Spoiler alert : OUI !!!
Pourtant, contrairement à l’extérieur, l’habitacle s’éloigne sensiblement de son illustre aïeule. Oublié l’afficheur central, le volant deux branches ou même les tôles apparentes, les utilisateurs d’aujourd’hui ne l’accepterait plus, mais les commandes de ventilation, enfin de clim désormais, sont bien familiers, par leur emplacement et leur forme. Plus généralement, malgré ce bouleversement général, on se sent immédiatement dans une Twingo. Et puis le bouton « qu’il ne faut surtout pas toucher » compte tenu de sa forme et de sa couleur (non il ne s’agit ni du déclenchement du siège éjectable ni de la commande de l’arme nucléaire, mais bien des warnings… ), même s’il a migré, fait toujours son petit effet. Ce design est donc agréable à vivre, fonctionnel, porté vers l’optimisation de l’habitabilité, et parfaitement fini. Quelle bonne surprise de ce coté-là, aucune chance de regretter l’ancêtre. Matériaux de qualité compte tenu du prix et du positionnement, même s’il subsiste évidemment quelques plastiques durs, ajustement digne la catégorie supérieure et même au dessus, équipement complet, c’est tout simplement un sans faute dans un domaine où ne nous l’attendions pas nécessairement.
Par contre s’il y a bien un domaine où nous l’attendions, c’est l’habitabilité, avec une telle réputation et un gabarit en hausse, il ne fallait pas se manquer pour Renault, et la marque nous offre un résultat à la hauteur. Quatre places seulement certes, mais plus que suffisantes pour faire voyager quatre adultes avoisinant ou dépassant le mètre quatre vingt, l’accès bénéficiant d’un passage aux cinq portes, comme sur la génération précédente. Bien entendu le coffre ne permettra pas de déménager un buffet louis XV, mais là n’est pas sa vocation, et si le besoin de plus de place se fait sentir, et que les places arrières n’accueille que des enfants, les sièges peuvent aisément coulisser vers l’avant pour optimiser l’espace. A noter que les vitres arrières ne sont pas descendantes, mais s’ouvrent à l’aide de compas, ce qui reste un « immense » progrès, puisque elles étaient fixes sur la première génération, et pour tout dire, cela reste suffisamment efficace à l’usage. Bien entendu, l’habitacle est truffé de petits détails pratique ou remarquables, que l’on peut encore étendre à sa convenance par les biais des fameux YouClip, de petits accessoires à ajouter, dont le catalogue gagnerait à s’étoffer. Même lorsque l’on lève les yeux au ciel, Renault à pensé à tout, avec des graphiques à mi-chemin entre hiéroglyphes et motifs PlayStation gravés dans la garniture de toit, qui vous redonnent instantanément le sourire.
Trêve de contemplation, il va être temps de se mettre en route, contact, et les deux écrans s’animent. Le combiné instrument face à nous, avec ses informations claires et de grande taille est parfaitement lisible même pour un quinqua qui s’ignore comme notre redac’chef. Il est bien sûr possible de le paramétrer partiellement, afin de voir ses information préférée, mais il reste toujours lisible.
L’écran central de son coté, surplombe des commandes de climatisation directes et physique. D’une taille raisonnable, il voit néanmoins son utilisation limitée par des bords définitivement trop épais. Rien de dramatique néanmoins, mais nous aurions appréciés une surface utile majorée de quelques millimètres de chaque cotés. Sa réactivité est bonne, de même que sa définition, y compris pour le GPS, qui a la bonne idée d’être connecté. Concrètement, en faisant un minimum attention, nous sommes toujours arrivés à destination avec plus de batterie que prévu, preuve que le système se veut assez conservateur afin de préserver de la panne les têtes en l’air autant que les frustrés du thermique.
Coté auditorium, un premier bon point vient avec une très bonne réception radio, ce qui n’a pas toujours été le cas chez Renault. Le rendu sonore globalement bon, sera fonction, comme souvent, de la qualité de la source, la capacité de réglage se limitant à un égaliseur trois bandes, accompagnés d’ambiances paramétrables « Created by Jean-Michel Jarre ». Le résultat est de type «physiologique », c’est-à-dire avec des aigus et basses fréquence en avant, et un medium en retrait, pour une écoute au final très agréable. Inutile donc de trop jouer avec l’égaliseur, un réglage sans aucune atténuation ni renforcement, ou très peu, reste assez rare, mais c’est le signe d’un bon paramétrage d’origine. Sur l’un de nos morceaux de référence pour torturer les hauts parleur (Matafix, Clear and présent danger au format FLAC), il faut vraiment monter fort le son pour entendre les basses talonner, ce qui est un excellent résultat, d’autant que ni la voix, ni le piano ne sont décharnés. Parfait donc pour un système qui n’est badgé d’aucune marque hifi.
Pour rester dans le son, mais extérieur cette fois, il est possible de choisir le bruit que fait la voiture pour avertir les piétons, et là encore il est possible de faire confiance à la mélodie concoctée par Jean-Michel Jarre. Le reste des réglages se fait de manière fluide et ergonomique, avec un écran d’accueil où apparait une Twingo qui nous fait de l’œil !

Un coup d’œil justement au combiné instrument pour voir qu’il nous indique fièrement 255km d’autonomie, il est donc grand temps de prendre la route. Avec 80cv annoncés, nous ne nous attendons donc pas à subir la foudre lors de la première accélération franche, et pourtant, alors que nous écrasons l’accélérateur au deuxième cran (il y a une résistance à mi course permettant de doser le niveau demandé), voici des éclairs qui apparaissent au tableau bord ! Elle est définitivement trop fun cette Twingo, sachant parfaitement vous donner le sourire avec ces petits détails. Et l’accélération en elle-même ? Respectable et suffisante pour doubler dans de bonnes conditions de sécurité. Comme souvent avec les motorisations électriques de faible puissance, l’élan parait toujours supérieur à celui d’un moteur thermique de valeur équivalente, par la grâce d’un couple supérieur instantanément disponible. Puis les choses se stabilisent, et si l’on est pas trop présomptueux, tout se passe dans la plus grande sérénité. Alors même si nous n’aurions pas étés contre une poignée de chevaux supplémentaires, force est de constater que les performances sont plus que largement suffisantes. Y compris sur voie rapide, où les choses se passent sans aucune arrière pensée aux vitesses règlementaires.

Les consommations aussi sont parfaitement maitrisées, avec une moyenne de 11 kWh pile sur notre essai de 600km. Les conditions étaient plutôt favorables, la moyenne des températures extérieures étant de 18°, mais nous avons parcourus plus de la moitié de ces kilomètres sur voies rapides. Au quotidien, la consommation de cette citadine capable de partir un peu plus loin devrait donc s’établir entre 10.5 et 11.5 kWh, c’est remarquable compte tenu de l’agrément proposé. Dotée d’une batterie de 27.5 kWh, cela nous donne une autonomie pratique à 250km, en phase avec les 263km annoncés par le constructeur. A noter que la gestion de l’autonomie est facilité par une échelle graduée que l’on peut afficher, et qui donne une autonomie maxi et mini, évoluant en fonction de la conduite, ce qui est pertinent et vraiment pratique à l’usage.
Cas concret, un déplacement de 150km était prévu en train, mais las, en arrivant à la gare, le trafic était interrompu. Quatre personnes, une Twingo avec 80% de batterie, ça se tente, non sans un certain stress. Conclusion, non seulement les 150km ont été effectués dans le plus grand confort et sans recharge, mais nous sommes même arrivés avec 26% disponible, épatant. Et sécurisant avec un navigation connectée qui pourraient servir d’exemple à bien des concurrents.
La régénération se gère sur quatre niveau via des classiques palettes derrières le volant. Le premier correspond à une quasi roue libre, tandis que les deux suivants amènent de manière croissante freins moteur et recharge, le dernier renforçant encore l’effet allant jusqu’à la conduite « one pedal » permettant l’arrêt complet.
La recharge n’appelle pas de remarque particulière. Si, une, contrairement à d’autres véhicules, parfois bien plus chers, le tableau de bord indique au branchement, la puissance connectée, le niveau de batterie actuel, ainsi que le temps nécessaire pour arriver à 100%, c’est ce que l’on appelle optimiser l’expérience utilisateur, et c’est bien agréable.
Le comportement est au diapason, offrant à la fois un confort auquel nous ne nous attendions pas nécessairement sur les grand axes, mais aussi un dynamisme réjouissant pour une citadine électrique (donc plus lourde qu’une thermique) de 80cv. En effet, si personne ne s’est plain du dos lors de notre trajet de 150km, le châssis est aussi capable de faire preuve d’un petit coté joueur très appréciable. Le roulis est parfaitement maitrisé, la voiture virant bien à plat dans les courbes un peu rapide, l’arrière pouvant même engager doucement si on lui demande gentiment. Jamais dangereux aux allures usuelles, ce comportement peut donc se révéler à « celui qui sait », et ça non plus nous ne l’attendions pas. Les petits enchainements deviennent donc addictifs, à une allure ou même la maréchaussée ne trouvera rien à y redire. Et tout ça sans dégrader un confort plus péri-urbain que purement urbain. Au chapitre confort, le silence de fonctionnement est très bon jusqu’à 100km/h, et bien plus que correcte au-delà.
Les aides à la conduite sont bien entendu présentes, pas trop intrusives, paramétrable, et au pire déconnectables. Le régulateur de vitesse adaptative fait parti de l’équipement de notre version Techno, et n’appel pas de remarque particulière, d’autant qu’il est couplé à une lecture des panneaux qui se montre raisonnablement efficace. Il y a bien quelques bip agaçants, mais que l’on peut couper, de même que le maintient dans la file, qui, s’il fonctionne globalement bien, devient un peu têtu dans certaines courbes serrées, demandant de « reprendre le contrôle », alors que l’on est justement un peu en train de se battre avec lui qui impose une trajectoire pour le moins étrange… Par chance, cela n’arrive pas trop souvent, et il est facile d’en sortir ainsi que d’y remédier en le déconnectant au besoin.
Deux derniers bons points, pour l’éclairage de qualité, à des années lumières (!) de ce que proposait la première génération, ainsi que pour le rayon de braquage permettant de se faufiler comme une reine de la ville qu’elle est.
Jolie à regarder, agréable à vivre, cette Twingo fait partie des trop rares voiture à donner le sourire. Chaque voyage est un plaisir, que ce soit sur courte ou moyenne distance, elle trouve toujours un moyen d’ajouter ce petit supplément d’âme que nous nous désespérions de trouver dans les productions modernes, et électriques. Le tout sans rien sacrifier au sérieux des aspects pratique et de la modernité. Renault aurait il pu faire mieux avec ce modèle ? Sincèrement, en gardant un tarif contenu, puisque l’a gamme débute à partir de 12 420€ prime Coup de Pouce de 7 070€ déduite, cela ne nous parait pas possible, et la marque frappe un grand coup dans le petit monde des citadines, et plus si affinité. Vive la vie en Twingo !
Version essayée : Renault Twingo E-Tech électrique techno 80 ch autonomie urbaine au tarif indicatif de 22 320€ ttc hors prime Coup de Pouce, ou 18 700€ ttc prime déduite.